REMONTER

RENCONTRE avec Peio Serbielle

 (Projet ZARA & HENDAYE Automne 2017)

  • Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis chanteur professionnel depuis 30 ans environ. J’ai choisi de chanter en basque. J’ai appris cette langue à 18 ans,  et je me souviens encore de mes parents qui m’avaient dit qu’elle ne servait  à rien !  Et moi, de ne pas savoir le basque en Pays Basque,  j’avais l’impression d’être unijambiste

Je suis un saltimbanque, un être vivant non duplicable, et attentif à l’AUTRE. Et j’aime par dessus tout cette réflexion de l’homme de Théâtre anglais William Shakespeare, quand il dit : «La Vie est un théâtre,  et nous en sommes les acteurs ! »

Alors, tous les jours, je joue dans cette Belle Vie qui nous est offerte en me disant que l’objectif de la journée,  le matin lorsqu’on se lève,  c’est, le soir,  de se coucher moins bête ! Et d’apprendre ainsi, chaque jour, comme Jean-Claude Casadesus, chef d’Orchestre de la Région de Lille, que « le but de l’artiste, ce n’est pas d’être meilleur que les autres, mais meilleur que la veille ! »

  • Votre dernier album « Zara » porte une réflexion sur l’identité culturelle que chacun porte en lui et de l’ouverture au monde et aux cultures d’ailleurs, pouvez nous nous en dire plus ?

Le projet du disque  ZARA s’appuie sur l’Histoire de 3 Pays  l’Ecosse, la Bretagne, et  le Pays Basque.

Je suis basque, je parle une langue différente de toutes celles qui nous entourent. Ainsi, toutes les langues comme le français, l’espagnol, l’italien, le portugais  disent : « Je vois la Montagne ! »

La langue basque – l’Euskara –  dit : « Montagne la vois je «   (« Mendia ikusten dut ! »). Cela veut dire qu’à l’inverse des langues romanes qui placent le sujet « Je » en tête de la phrase, le basque met en situation d’abord les lieux qu’il traverse, les endroits où il se trouve, la notion du temps – présent, passé ou à venir -, avant le sujet qui est le plus souvent mis à la fin !  Le Basque reconnaît ainsi  l’importance du collectif  et du « jouer groupé ». L’identité de chacun est, dès lors,  toujours un terrain de partage et d’échange avec l’Autre qui est une chance, et non un danger, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs.

  • Les 13 et 14 novembre prochain, votre concert sera donné devant un public de scolaire. Comment adaptez-vous ce concert au jeune public ?

Les enfants sont aujourd’hui pris en otages,  à leur insu, dans un rapport de consommation où le chant est de l’ordre des Jeux du Cirque. Ainsi vont les émissions « The Voice » ou « Star Academy » qui pratiquent la politique Kleenex. On prend, on jette, on jette, on prend, sans comprendre que le chant, c’est, certes,  du PLAISIR, mais aussi beaucoup de Travail.