
J'ai 10 ans avec TOM FRAGER en 1987
Te souviens-tu de tes 10 ans ?
Mes 10 ans, c'est le moment où j'arrive en Guadeloupe et où je commence à surfer donc c'est
un âge qui m'a marqué, puisque ce sont mes premiers pas sur l'eau (rires).
10 ans c'est le CM2, te souviens-tu de ta scolarité ?
Carrément. J'étais plutôt bon élève. Mes matières préférées c'était... la récré ! Avec les gars on jouait au foot avec un ballon en
mousse dans la cour et j'adorais ça. Sinon, plutôt les matières littéraires : j'adorais le Français,
l'Expression écrite...
A 10 ans tu es en Guadeloupe donc il fait beau, chaud ?
En fait, pardon, en CM2 c'est ma dernière année en France : passage éclair sur la Côte
d'Azur dans un petit village qui s'appelle Cagnes-sur-mer, à l'école de la Pinède. C'était une
transition, j'arrivais d'Afrique et je repartais en Guadeloupe. Je suis tombé sur une bande
de potes super gentils avec qui je me suis éclaté pendant deux ans là -bas, en CM1-CM2 et
ensuite je suis parti en Guadeloupe, entre mes 10 et 11 ans.
Donc beaucoup de soleil pendant mon enfance, c'est sûr, entre l'Afrique, la Guadeloupe et la
Côte d'Azur !
Comment se fait-il que la famille ait autant voyagé ?
On suivait mon père qui travaillait dans les énergies renouvelables et la maîtrise de
l'environnement : il se débrouillait pour amener l'eau dans les villages en Afrique. Ensuite, il
s'est lancé dans tout ce qui est énergies nouvelles en Guadeloupe.
Ma mère s'occupe d'enfants autistes, elle a monté un centre en Guadeloupe, elle est
psychomotricienne.
Des frères et sœurs ?
Oui, un p'tit frère et une p'tite sœur, Tim et Amandine, avec qui je me trimbalais partout.
Un enseignant qui te marque ?
Oui, j'ai souvenir de la directrice, qui était également prof de Français, à Cagnes. Dans
chaque classe j'ai eu des profs qui m'ont marqué. Je crois que le rapport des élèves au
professeur est très important. J'ai eu des profs de Français passionnés par l'écriture, la poésie
et je crois qu'ils m'ont transmis ce goût-là .
Dans les jupes de ta mère ?
Non ! Je cours partout où je peux courir à cette époque-là , je galope, je grimpe aux arbres, on
fait les singes avec mon frère, on se déguise tout le temps, on joue eu foot, au tennis...
Plutôt billes ou filles ?
Franchement, les deux, mais plutôt billes quand même. J'avais déjà deux-trois petites chéries charmantes en CM2, mais je jouais beaucoup aux billes, c'était mon truc, vraiment.
Tu veux faire quoi quand tu seras grand ?
Je sais pas du tout. J'ai pas fait partie de ces enfants qui savent déjà . Justement c'était un peu
une angoisse, qu'est ce que je vais bien pouvoir faire ?...
Après le bac j'ai passé une année à faire le circuit de surf pro puis je me suis rendu compte
que ça me manquait d'étudier, d'être avec les potes à la fac alors j'y ai passé 3 années. J'ai
fait une licence de sport. Après ça j'ai complètement bifurqué, j'ai fait une école de musique.
Je crois que c'est la musique qui s'est imposée à moi à un moment donné, je me suis jamais
dis tiens je vais faire ci ou ça, d'un coup c'est devenu une évidence. Ça a toujours été là mais
je le voyais pas, je m'en rendais pas compte.
Petit, tu jouais déjà ?
A dix ans j'ai commencé à jouer de la guitare et de la batterie parce que j'avais des oncles
qui avaient un groupe de rock et qui répétaient dans un garage au fond du jardin à Cagnes
au fond. Ils me faisaient monter sur la batterie et je tapais dessus, ils m'apprenaient aussi
quelques accords de guitare.
Le poster de ton héros dans ta chambre ?
J'étais à fond sur Spiderman et Robin des bois. Spiderman parce que j'aurais adoré pouvoir
envoyer des fils, m'accrocher et sauter partout. Peter Pan et Moogli du Livre de la jungle
aussi. Voilà les quatre boss !
Un livre qui te marque à l'époque ?
A dix ans je lisais énormément de BD : j'étais très Astérix, Tintin, Lucky Luke.
Quels sont tes films, tes émissions cultes ?
Les Walt Disney, je regardais MacGyver aussi. A l'époque, on avait le Club Dorothée, Récré
A2 et toute la bande, Ariane, Jacky, Corbier... Casimir et compagnie aussi ! Nous, c'était
très goûter Nutella et dessins animés. Après, on allait galoper. Je faisais du cheval, beaucoup
de tennis, du foot (je jouais en club), de l'optimist. On faisait beaucoup de sport, nos parents
nous encourageaient et prenaient le temps de nous faire faire plein de choses.
Un chanteur ou un disque préféré ?
Michael Jackson ! Avec mon frangin on essayait de refaire le moonwalk, c'était l'époque de
l'album Bad.
Une couleur, une image, un mot pour décrire tes 10 ans ?
Le vert : beaucoup de sport dans la nature, des balades, des randonnées, la montagne. En
pleine nature tout le temps !
A Cagnes-sur-Mer, pas de surf bien sûr, c'est venu quand ?
Je venais à Hossegor tous les ans puisque ma grand-mère était adjointe au maire de Labenne.
Je regardais les surfeurs sur la plage, je voulais être comme eux, je lisais des magazines de
surf... J'ai vraiment commencé à surfer quand je suis arrivé en Guadeloupe, en 6ème, avec une
vieille planche.
C'est comme si j'avais toujours eu envie de surfer. Quand j'étais petit, mon père faisait des
régates de planche à voile sur le fleuve Niger et il me mettait entre la voile et lui : c'est lÃ
que j'ai eu mes premières sensations de glisse. Quand on est arrivés en Guadeloupe, j'avais
qu'une envie, c'était me mettre au surf et puis j'ai commencé dans des conditions idéales,
l'eau est chaude toute l'année !
Assez rapidement, à 12-13 ans, j'ai commencé à faire des compétitions et à gagner les
championnats de Guadeloupe dans ma catégorie puis chez les juniors, qui étaient plus âgés
que moi. Après on m'a repéré à 15 ans, en finale des championnats de France, j'ai été vice
champion de France junior. A ce moment-là je suis parti avec l'équipe de France.
J'ai tenté une année sur le tour et puis je me suis dit que j'avais envie de continuer à étudier,
j'avais pas envie d'en faire un métier. Je garde le surf pour m'éclater, pour le plaisir.
3 ans de fac puis j'ai pris un gros tournant vers la musique, elle m'a jamais abandonnée.
Elle me tient, c'est viscéral, c'est un besoin, c'est pas juste une envie.
La musique t'a-t-elle nourri, enrichi par rapport à ce que tu donnes maintenant ?
On se rend pas compte, mais tout ce qu'on écoute quand on est gamin, on l'absorbe.
J'avais de la chance, mes parents écoutaient ce que je qualifie aujourd'hui de bonne musique :
de la soul, les Beatles, Bob Marley, Michael Jackson, Francis Cabrel aussi avec de jolis
textes et de jolies mélodies. Inconsciemment, tout ça m'a nourri et ces influences remontent
aujourd'hui dans ce que je fais. Mes parents m'ont permis de prendre goût à la musique parce
qu'ils en écoutaient beaucoup eux-mêmes et que mon père jouait un peu de blues avec sa
guitare, ma mère écoutait toujours de la musique dans la voiture...
J'ai eu une enfance super heureuse, mais en même temps avec des valeurs, des parents qui
t'expliquent que si tu bosses pas, tu remplis pas le contrat. Tu auras ce que tu veux si tu le
mérites et si tu comportes bien. On a été bien coachés !