J'AI 10 ANS

Pierre Bellemare

Pierre Bellemare à 10 ansVous avez 10 ans en 1939, à quoi ressemble le petit garçon de l'époque ?
En 1939 on portait des culottes courtes, et à 10 ans j'ai connu l'annonce de la guerre. On était dans le centre de la France. Avec mon père, on était en train de se promener quand on a entendu le tocsin. On est rentré au village et devant la mairie il y avait une affiche indiquant « mobilisation générale ».
Le lendemain matin à la première heure nous rentrions à Paris. Papa, qui était persuadé que la guerre serait une guerre de bombardement, voulait nous éloigner de la capitale et on est allé se réfugier en Normandie. Donc à 10 ans, j'ai déjà une vie un peu plus adulte : la guerre vous met dans une autre ambiance, on se sent investi de certaines responsabilités que les enfants ne devraient pas avoir.

 Comment se passe l'école ?

J'allais à la communale. J'ai connu la classe unique, c'était formidable, c'est une très bonne idée la classe unique. J'ai beaucoup aimé le primaire, mais le secondaire m'a moins bien convenu, c'est sans doute pourquoi j'ai quitté l'école à 17 ans pour commencer à travailler. On avait deux maîtres à l'école Alsacienne : Taco-maths et Taco-lettres (je sais plus pourquoi on les appelait comme ça !). Taco-lettres était formidable : c'est lui qui m'a donné le goût d'apprendre des poèmes. Par contre j'ai toujours été fermé aux mathématiques et je n'y ai jamais rien compris !

Comment occupiez-vous votre temps libre ?
J'étais Scout de France, même si le scoutisme était interdit par les Allemands en tant que mouvement anglo-saxon. On s'était donc débaptisés pour s'appeler les Compagnons de Saint
Dominique, pour faire comme si nous étions un patronage.

Vous vouliez faire quoi plus tard ?
J'avais un vague rêve : j'aurais voulu être ingénieur des Ponts et Chaussées. Bon, ça s'est vite avéré impossible vu ma nullité en mathématiques ! Je voulais organiser des constructions.
J'en ai d'ailleurs gardé quelque chose puisque plus tard j'ai adoré participé à l'élaboration et à la construction de mes maisons.

Des souvenirs d'ambiance musicale ?
On était déjà avec Django Reinhardt avant la guerre. J'ai aussi des souvenirs de Charles Trenet, Mireille, Jean Sablon... J'ai eu la chance de venir au monde avec le renouveau de la chanson française. Tout ceci était très riche d'un point de vue culturel.

Quelles étaient vos lectures ?
Essentiellement les grands auteurs du XIXème : Balzac, Maupassant, Chateaubriand, Victor Hugo, Flaubert. C'était passionnant.

Y-a-t-il un moment de votre enfance qui est resté gravé ?
J'ai eu la chance d'être à Paris au moment de la libération et j'ai vécu intensément ce moment-là. Je ne pouvais pas être mieux placé, j'étais sur l'avenue d'Orléans, là où sont entrées les troupes. Je me souviendrai toujours des femmes qui s'étaient fait des robes tricolores dans des bouts de chiffons !

Une couleur pour définir votre enfance ?
Ma mère m'a voué au bleu. C'était religieux, ça voulait dire qu'on était voué à la Vierge, tout simplement. J'ai porté des langes et des petits costumes bleus, comme beaucoup de petits garçons.
Comme je suis assez patriote ensuite ça a été le bleu de France. Quand vous avez un bateau, ce qui a été mon cas pendant un certain nombre d'années, vous portez un pavillon à l'arrière, aux couleurs de la Marine. Tous ces bleus m'ont beaucoup influencé. En fait, j'aime tout ce qui est bleu : j'aime beaucoup le Bleu d'Auvergne par exemple. La mer aussi... C'est la plus belle couleur de la nature.

MOUSTIC

J'ai 10 ans, Christian Borde alias Jules-Edouard Moustic

mousticTu as 10 ans en 1961, à quoi ressembles-tu ?

Un petit garçon de banlieue heureux, à Vélisy, près de la forêt de Meudon. J'étais l'homme des bois, je passais plus de temps à faire des cabanes dans les arbres qu'à la maison. J'étais souvent malade : gorge fragile et robe de chambre, mais, sinon, tout le temps dehors !

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TOM FRAGER

J'ai 10 ans  avec TOM FRAGER  en 1987

 Te souviens-tu de tes 10 ans ?

Mes 10 ans, c'est le moment où j'arrive en Guadeloupe et où je commence à surfer donc c'est
un âge qui m'a marqué, puisque ce sont mes premiers pas sur l'eau (rires).

10 ans c'est le CM2, te souviens-tu de ta scolarité ?
Carrément. J'étais plutôt bon élève. Mes matières préférées c'était... la récré ! Avec les gars on jouait au foot avec un ballon en
mousse dans la cour et j'adorais ça. Sinon, plutôt les matières littéraires : j'adorais le Français,
l'Expression écrite...

A 10 ans tu es en Guadeloupe donc il fait beau, chaud ?
En fait, pardon, en CM2 c'est ma dernière année en France : passage éclair sur la Côte
d'Azur dans un petit village qui s'appelle Cagnes-sur-mer, à l'école de la Pinède. C'était une
transition, j'arrivais d'Afrique et je repartais en Guadeloupe. Je suis tombé sur une bande
de potes super gentils avec qui je me suis éclaté pendant deux ans là-bas, en CM1-CM2 et
ensuite je suis parti en Guadeloupe, entre mes 10 et 11 ans.
Donc beaucoup de soleil pendant mon enfance, c'est sûr, entre l'Afrique, la Guadeloupe et la
Côte d'Azur !

Comment se fait-il que la famille ait autant voyagé ?
On suivait mon père qui travaillait dans les énergies renouvelables et la maîtrise de
l'environnement : il se débrouillait pour amener l'eau dans les villages en Afrique. Ensuite, il
s'est lancé dans tout ce qui est énergies nouvelles en Guadeloupe.
Ma mère s'occupe d'enfants autistes, elle a monté un centre en Guadeloupe, elle est
psychomotricienne.

Des frères et sœurs ?
Oui, un p'tit frère et une p'tite sœur, Tim et Amandine, avec qui je me trimbalais partout.

Un enseignant qui te marque ?
Oui, j'ai souvenir de la directrice, qui était également prof de Français, à Cagnes. Dans
chaque classe j'ai eu des profs qui m'ont marqué. Je crois que le rapport des élèves au
professeur est très important. J'ai eu des profs de Français passionnés par l'écriture, la poésie
et je crois qu'ils m'ont transmis ce goût-là.

Dans les jupes de ta mère ?
Non ! Je cours partout où je peux courir à cette époque-là, je galope, je grimpe aux arbres, on
fait les singes avec mon frère, on se déguise tout le temps, on joue eu foot, au tennis...

Plutôt billes ou filles ?

Franchement, les deux, mais plutôt billes quand même. J'avais déjà deux-trois petites chéries charmantes en CM2, mais je jouais beaucoup aux billes, c'était mon truc, vraiment.

Tu veux faire quoi quand tu seras grand ?
Je sais pas du tout. J'ai pas fait partie de ces enfants qui savent déjà. Justement c'était un peu
une angoisse, qu'est ce que je vais bien pouvoir faire ?...
Après le bac j'ai passé une année à faire le circuit de surf pro puis je me suis rendu compte
que ça me manquait d'étudier, d'être avec les potes à la fac alors j'y ai passé 3 années. J'ai
fait une licence de sport. Après ça j'ai complètement bifurqué, j'ai fait une école de musique.

Je crois que c'est la musique qui s'est imposée à moi à un moment donné, je me suis jamais
dis tiens je vais faire ci ou ça, d'un coup c'est devenu une évidence. Ça a toujours été là mais
je le voyais pas, je m'en rendais pas compte.

Petit, tu jouais déjà ?
A dix ans j'ai commencé à jouer de la guitare et de la batterie parce que j'avais des oncles
qui avaient un groupe de rock et qui répétaient dans un garage au fond du jardin à Cagnes
au fond. Ils me faisaient monter sur la batterie et je tapais dessus, ils m'apprenaient aussi
quelques accords de guitare.

Le poster de ton héros dans ta chambre ?
J'étais à fond sur Spiderman et Robin des bois. Spiderman parce que j'aurais adoré pouvoir
envoyer des fils, m'accrocher et sauter partout. Peter Pan et Moogli du Livre de la jungle
aussi. Voilà les quatre boss !

Un livre qui te marque à l'époque ?
A dix ans je lisais énormément de BD : j'étais très Astérix, Tintin, Lucky Luke.

Quels sont tes films, tes émissions cultes ?
Les Walt Disney, je regardais MacGyver aussi. A l'époque, on avait le Club Dorothée, Récré
A2 et toute la bande, Ariane, Jacky, Corbier... Casimir et compagnie aussi ! Nous, c'était
très goûter Nutella et dessins animés. Après, on allait galoper. Je faisais du cheval, beaucoup
de tennis, du foot (je jouais en club), de l'optimist. On faisait beaucoup de sport, nos parents
nous encourageaient et prenaient le temps de nous faire faire plein de choses.

Un chanteur ou un disque préféré ?
Michael Jackson ! Avec mon frangin on essayait de refaire le moonwalk, c'était l'époque de
l'album Bad.

Une couleur, une image, un mot pour décrire tes 10 ans ?
Le vert : beaucoup de sport dans la nature, des balades, des randonnées, la montagne. En
pleine nature tout le temps !

A Cagnes-sur-Mer, pas de surf bien sûr, c'est venu quand ?

Je venais à Hossegor tous les ans puisque ma grand-mère était adjointe au maire de Labenne.
Je regardais les surfeurs sur la plage, je voulais être comme eux, je lisais des magazines de
surf... J'ai vraiment commencé à surfer quand je suis arrivé en Guadeloupe, en 6ème, avec une
vieille planche.

C'est comme si j'avais toujours eu envie de surfer. Quand j'étais petit, mon père faisait des
régates de planche à voile sur le fleuve Niger et il me mettait entre la voile et lui : c'est là
que j'ai eu mes premières sensations de glisse. Quand on est arrivés en Guadeloupe, j'avais
qu'une envie, c'était me mettre au surf et puis j'ai commencé dans des conditions idéales,
l'eau est chaude toute l'année !

Assez rapidement, à 12-13 ans, j'ai commencé à faire des compétitions et à gagner les
championnats de Guadeloupe dans ma catégorie puis chez les juniors, qui étaient plus âgés
que moi. Après on m'a repéré à 15 ans, en finale des championnats de France, j'ai été vice
champion de France junior. A ce moment-là je suis parti avec l'équipe de France.

J'ai tenté une année sur le tour et puis je me suis dit que j'avais envie de continuer à étudier,
j'avais pas envie d'en faire un métier. Je garde le surf pour m'éclater, pour le plaisir.
3 ans de fac puis j'ai pris un gros tournant vers la musique, elle m'a jamais abandonnée.
Elle me tient, c'est viscéral, c'est un besoin, c'est pas juste une envie.

La musique t'a-t-elle nourri, enrichi par rapport à ce que tu donnes maintenant ?
On se rend pas compte, mais tout ce qu'on écoute quand on est gamin, on l'absorbe.
J'avais de la chance, mes parents écoutaient ce que je qualifie aujourd'hui de bonne musique :
de la soul, les Beatles, Bob Marley, Michael Jackson, Francis Cabrel aussi avec de jolis
textes et de jolies mélodies. Inconsciemment, tout ça m'a nourri et ces influences remontent
aujourd'hui dans ce que je fais. Mes parents m'ont permis de prendre goût à la musique parce
qu'ils en écoutaient beaucoup eux-mêmes et que mon père jouait un peu de blues avec sa
guitare, ma mère écoutait toujours de la musique dans la voiture...

J'ai eu une enfance super heureuse, mais en même temps avec des valeurs, des parents qui
t'expliquent que si tu bosses pas, tu remplis pas le contrat. Tu auras ce que tu veux si tu le
mérites et si tu comportes bien. On a été bien coachés !

enfant-porteNous avons rencontré la douce idole de nos jeunesses lors d'une représentation du spectacle Mute, l'Enfant Porte à Capbreton. Avant de nous livrer ses souvenirs de petit garçon de 10 ans, il s'est confié sur ce joli projet, né des Rencontres d'Astaffort de 2009, qu'il a décidé de produire : un conte musical dense et riche, traitant du sauvetage d'un peuple par l'accès aux mots et à la culture, thème cher à l'artiste. Ce conte contre l'illettrisme s'est peu à peu enrichi de thèmes actuels, de trois chansons rajoutées récemment pour mieux l'aboutir et d'une parution en cd.

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pottokaLa célèbre mascotte de l'Aviron Bayonnais n'est qu'un jeune pottok de 9 ans alors, forcément, difficile pour lui de se souvenir de ses 10 ans !

Peux-tu nous raconter ta naissance ?

On cherchait un animal emblématique du Pays basque. On a hésité avec le taureau, mais il est plus agressif et puis on voulait pas que ce soit lié à la tauromachie. On a bien fait, le personnage a une bonne bouille, il est sympatoche, il restait plus qu'à le faire vivre !

Quels sont tes premiers souvenirs ?

Les deux premières années, avec la pro D2. Je me suis fait les sabots sur un Jean Dauger pas conquis du tout au départ : j'étais une mascotte à l'américaine et les gens se demandaient un peu ce que je faisais là ! A deux ans j'ai découvert un vrai public, une peña Baiona et ça a été le début d'une longue histoire avec un engouement populaire.

Ton premier matche ?
Saison 2001-2002, Bayonne-Dax. Il y avait 4000 personnes, le stade était à moitié vide et je sentais qu'il y avait une certaine retenue. Je l'ai fait avec deux Harley Davidson !

A l'école des pottoks, comment ça se passe ?
J'ai de bons souvenirs avec mes collègues à la Rhune. On prend pas le train nous, on monte en sabots, fiers comme des pottoks !

Et à la récré, plutôt billes ou filles ?
Je suis un tombeur moi ! Il y a une Pottokette, mais ça va pas fort en ce moment... Elle a du mal avec mon côté coquin, chambreur avec les filles (tout en étant respectueux, bien sûr !).

Plutôt casanier ou pottok des champs ?
Evidemment, je fais le fou à travers les prairies, c'est galipettes et acrobaties en tout genre ! Pour les matches je travaille la gestuelle, qui évolue au fil du temps, et je m'écris une petite trame d'animation qui va de la chenille à l'arrivée emblématique de Pottoka au stade : en parachute, en vélo géant, à moto, en side-car, à cheval, en voiture du Paris-Dakar...

D'accord, c'est galipettes et compagnie, mais est-ce que tu fais du sport ?
Je fais du surf, sur deux pattes : à quatre pattes c'est pénible et puis on se moque de moi. Des fois je vois Jérôme Thion, mais il sait pas que c'est moi !

Justement, les gens te reconnaissent-ils ?
Les gens ne connaissent pas ma personne privée, je ne voulais pas qu'on montre mon visage. Après le premier matche, je suis allé à la buvette, j'écoutais ce qui se disait autour et, comme je suis pas trop farouche, je pouvais savoir si mon animation avait réellement marché et m'orienter éventuellement vers d'autres choses pour le matche suivant.

Y-a-t-il une musique qui t'as marqué ?
Muztafa de Michou du groupe Sustraia, à qui je fais une grosse bise là où il est. Je suis sentimental, il y a des choses qu'il ne faut pas oublier... Et puis la Peña Baiona bien évidemment !

Des films, des livres importants pour toi ?
Le Midi Olympique, je suis très Midol, c'est mon livre de chevet quand je suis à la Rhune. Pour les films, Jour de rugby bien sûr ! (il rit)

Une couleur pour illustrer tes années Pottoka ?
Ah, le bleu ciel reste une couleur exceptionnelle !

Que veux-tu faire quand tu seras grand ?
Je veux aller voir l'Aviron en finale au stade de France, être abonné et passer un bon moment. On a le meilleur championnat au monde et gambader au milieu du stade de France, chose qui est déjà arrivée, ce serait extraordinaire. Le public le mérite et j'espère que moi aussi !

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