REMONTER

ALAIN DUCASSE

Vous aviez 10 ans en 1966, à quoi
ressemble le petit garçon de l’époque ?
Un garçon qui vit dehors à la campagne, dans les Landes, impatient, curieux,
infatigable…

10 ans c’est le CM2, comment ça se passe à l’école ?  
Turbulent, rien n’allait assez vite, farceur. Pour mon maître, nous étions 2 Alain dont il pensait « qu’on ne pouvait vraiment rien pour eux!! ils n’arriveront à rien!» Il m’a subi en CM1 et CM2.

Avez-vous le souvenir d’une maîtresse ou maître ?
Oui, celui de ce même maître, sévère avec moi, mais je le comprend : je devais être difficile à gérer et fatiguant car indiscipliné!

Quelle était votre matière préférée?
La géométrie et la géographie, le monde m’a toujours
attiré et captivé.

Comment occupiez-vous votre temps libre ?
Balades en forêts avec mon grand-père, le marché avec ma mère où elle vendait ses productions de la ferme, j’aidais mes parents et grands-parents dans leurs travaux (animaux de la ferme, potager, menuiserie…), et buvait leur savoir. C’est mon temps libre qui m’a donné l’envie et la passion du travail bien fait.

Vous vouliez faire quoi plus tard ?
Voyageur, architecte, cuisinier. Ma vie me permet aujourd’hui d’assouvir ces trois passions et d’en découvrir d’autres!

Comment s’est fait votre éveil culinaire ?
La cuisine de ma grand-mère que je jugeais déjà !
Elle s’en amusait.
Les odeurs montant dans ma chambre à l’étage me donnaient envie de voir d’où elles venaient !

Des souvenirs d’ambiance gustative ?
Le repas dominical en famille. Poulet rôti, légumes du jardin ou des sous-bois cuisinés par ma grand-mère, Jeanne. C’est elle qui m’a aidé à poursuivre ma passion malgré la réticence de mes parents.

Y-a-t-il un plat qui vous rappelle votre enfance ?
Le poulet rôti.

Que vous réalisez encore ?
Non… Je le fais différemment… Mais puisque vous m’y faites penser, je vais le faire à mon fils et à ma femme ce dimanche!

Aviez-vous la télé ? Le souvenir d’un film qui vous a marqué ?
Oui. Les westerns, mais surtout, en direct, les premiers pas sur la Lune! Tout le village retenait son souffle. Le sentiment d’une page qui se tourne dans l’Histoire et la fierté d’en être témoin. Les reportages m’ont toujours plus attirés que les films.

Quelles étaient vos lectures ?
Celles qu’on me donnait à l’école! A la campagne, dans une ferme j’avais trop à faire! Mon père m’a transmis la passion des journaux, alors on lisait ensemble les quotidiens, au coin du feu crépitant en hiver. L’odeur du feu et le crépitement du bois nous accompagnaient. Dès que je peux, je recommence la scène!

Y-a-t-il un moment de votre enfance qui est resté gravé ?
La première fois que je suis revenu, panier plein, d’une cueillette de cèpes! Ma grand-mère était plus fière que moi! C’est peu dire… J’ai hâte de partager ces moments avec mon fils dans les forêts basques, et lui apprendre la patience…  Au moins pour ces moments-là!

Quelle est l’image qui vous reste de vos dix ans ?
Insouciance, simplicité des bonheurs de la campagne. La satisfaction d’être en famille, et le temps qui prend son temps.

Une couleur pour définir votre enfance ?
Les verts éteint ou chatoyants des champs au printemps…
Et de mon pull rayé!

64MÔMES

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