REMONTER

Cabu

Vous aviez 10 ans en 1948, vous souvenez-vous de cette période ?
Très bien. A 10 ans, j’ai gagné un concours de dessin qui était organisé par le journal Cœur Vaillant, un hebdomadaire pour enfants qui diffusait chaque semaine les aventures de Tintin.  Le premier prix était une bicyclette qui m’a été remise à l’occasion de la fête du journal à Paris, au Vel’ d’Hiv. Bien évidemment à l’époque je ne savais pas qu’il y avait eu la grande rafle, on n’en parlait pas du tout. C’était la première fois que je venais à Paris, on avait pris le train de Châlons-sur-Marne.
Comment se passait l’école ?
A l’époque j’étais en 7e, dans une école qui appartenait à l’Ecole Normale d’instituteurs et qui servait de banc d’essai  aux futurs enseignants. C’était tout près de chez moi. Je me souviens qu’on jouait dans le square devant l’école dans des tranchées qui étaient des restes de l’Occupation puisqu’elles servaient d’abris contre les bombardements.
Quel élève étiez-vous ?
J’étais assez bon au primaire, c’est après que je suis devenu un cancre ! J’avais déjà une seule envie, dessiner, même s’il n’y avait pas beaucoup de dessin en classe… Je regardais les dessins des grands maîtres : Hergé et Dubout, un virtuose, pour lequel j’ai une immense admiration.
Comment occupiez-vous votre temps libre ?
En dessinant. Je recopiais les dessins de Dubout, un peu comme on recopie les tableaux de maîtres, pour voir comment c’est fait. Le style s’acquiert plus tard, entre 20 et 25 ans.
Y-a-t-il un livre ou un film qui vous ont marqué à l’époque ?
A l’école l’instituteur nous lisait L’Ile au trésor, c’était un bouquin qui faisait rêver.
Mon père m’amenait voir les films de Laurel et Hardy. Je les admire toujours, ce sont eux qui me font le plus rire parce que c’est un rire débarrassé de toute sensiblerie, c’est du Hara Kiri, du rire à l’état pur.
Pouvez-vous nous raconter un souvenir de vos 10 ans qui est resté gravé ?
Mon père avait une Juva 4 et les portes s’ouvraient à l’avant. Je ne sais pas ce que j’ai trafiqué mais dans un virage j’ai ouvert la porte et je suis tombé !
Quelle est la couleur associée à votre enfance ?
Le bleu, que l’on retrouve chez Charles Trenet.

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