REMONTER

Thierry Malandain

ThierryMalandainVous aviez donc 10 ans en 1969,

A quoi ressemble le petit garçon de l’époque ? Et ou habitiez-vous ?

Je suis l’aîné de six enfants qui se suivent, j’avais entre sept et huit ans lorsque la dernière de mes sœurs fut atteinte d’une méningite qui la laissera handicapée pour toujours. Le petit garçon de cette époque, il habite à Saint-Marcel près de Vernon dans l’Eure, comme un grand, il s’occupe de ses frères et sœurs.

10 ans c’est le CM2, Comment se passe l’école?

Bavard, étourdi, rêveur, en un mot ailleurs. Peut mieux faire, dira-t-on tout au long de ma scolarité, mais je ne redoublerai pas.

Avez-vous le souvenir d’un maitre ou d’une maitresse ?

Au vrai, je n’ai pas retenu grand-chose de mon enfance, excepté mes professeurs de danse, je ne me souviens d’aucun maître, d’aucune maîtresse.

Quelle était votre matière préférée ?

L’histoire.

Comment occupiez-vous votre temps libre ? Sports loisirs ?

Je n’avais pas beaucoup de temps libre, mais j’ai toujours aimé lire et dessiner. Sinon, j’ai pratiqué de force et détesté à peu près tous les sports, je suppose qu’il me fallait avoir un loisir « viril » à côté de la danse.

Comment s’est fait votre éveil à la danse, A quel Age ?

Mes grands-parents paternels avaient la télévision, j’ai découvert ainsi la danse à l’âge de huit ans. Ce fut une révélation et pensant qu’on pouvait apprendre à danser en la regardant, j’ai tanné mes parents pour qu’il l’achète. Seulement, l’objet rêvé est arrivé dans la maison en mai 68, en raison des grèves, il n’y avait rien à voir. Grosse déception. Par chance, l’épouse d’un collègue de mon père ouvrait un cours de danse dans le village où nous habitions, mes parents m’y ont inscrit en même temps que mes deux sœurs et mes deux frères.

Que pensez-vous du film Billy Elliott ?

Le voir devrait être remboursé par la Sécurité Sociale. Plus sérieusement, ce film m’a beaucoup ému, il est aussi à l’origine d’un grand nombre de vocations. Ainsi, après sa sortie en 2000, l’école de danse de l’Opéra a vu affluer un grand nombre de petits garçons, avant que ce mouvement de libération des esprits soit freiné par les années Sida.

Votre entourage familiale ou amicale vous a t il soutenu et encouragé ?

Il est toujours difficile pour un garçon de pratiquer la danse, c’est bien souvent un combat que d’affronter l’opinion familiale, le regard des autres. Ma famille étant totalement étrangère à tout cela, mon père rêvait sans doute d’une autre voie pour moi, ma chance fut d’avoir des parents « intelligents », qui posèrent comme seule condition d’avoir le baccalauréat. Habitant à l’époque près de Rambouillet et scolarisé à mi-temps à Paris au Lycée Racine, mon programme de la seconde à la terminale fut danse le matin, lycée l’après-midi et danse le soir, plus trois heures de transports en commun par jour.  

Aviez-vous la télé à l’époque ?

Oui

Des souvenirs de films ou d’émissions qui vous ont marqué ?

Le Grand Echiquier de Jacques Chancel et en direct de Vienne les Concerts du Nouvel An

Des souvenirs de lectures ?

A dix ans ? La bibliothèque rose et verte, et Jules Verne.

Saviez-vous déjà ce que vous vouliez faire plus tard ?

Enfant, à part archéologue, et un temps prêtre et maire, j’ai toujours voulu être danseur.

Une couleur qui résume votre enfance ?

Gris hormis la danse.

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